Devenir crudivore, est-ce une bonne idée?

L’alimentation vivante a le vent en poupe depuis quelques années, mais est-ce réellement justifié ? Tout dépend de ce que l’on pratique finalement. On peut être qualifié de crudivore, d’omnivore, de vegan etc. et pour autant avoir une alimentation bien différente qu’une autre personne étiquetée et mise dans la même case.

Aujourd’hui encore, en 2018, je suis végétalienne, et pourtant mon alimentation ne ressemble pas beaucoup à une alimentation typiquement vegan, je mange sans gluten et sans produits laitiers, sans produits raffinés, sans légumineuses et pourtant je n’ai pas une alimentation typiquement paléo… Je pourrais poursuivre ainsi, vous voyez où je veux en venir. J’ai une direction à maintenir si je veux rester fonctionnelle, tant physiquement, intellectuellement que spirituellement, mais maintenant je déroge à tout, mais à l’occasion. C’est une direction qui tient compte de ma génétique et de mes problèmes métaboliques personnels et absolument pas éthique dans le sens où on l’entend habituellement, mais selon moi, elle l’est car elle me permet de tirer le meilleur possible de moi-même. Selon ma vision des choses, de notre problématique d’être humain, le plus important est d’honorer notre propre vie, notre corps et esprit, de retrouver la pleine capacité de nos moyens physiques et mentaux, spirituels, bien-sûr. La médecine du futur sera de retrouver les lois de notre propre nature. Et j’observe, hélas, que des « vilains », il y en a partout, chez les crudivores, chez les vegan, chez les paléo etc. Devenir un être humain épanoui, empathique, autant avec les autres qu’avec soi-même, est sans doute alimentairement bien plus complexe que de mettre tout le monde au même régime.

Alors, quand même, cuit ou cru?

Hippocrate disait quand même que la cuisson nous avait sauvé. Quels étaient ses critères pour faire une telle affirmation ?
La médecine chinoise attache elle aussi beaucoup d’importance à la cuisson des aliments en améliorant leur digestibilité et donc économisant l’énergie de la digestion.

Nutriments sublimés ou détruits ?

Les adeptes du tout cru, disent que ne pas cuire les aliments permet de conserver les enzymes, les vitamines et oligo-éléments, ce qui est vrai en partie mais pas suffisant.

Un corps en bonne santé sait fabriquer des enzymes, d’autant que celles apportées par l’alimentation sont pour la plupart détruites par l’acide chlorhydrique dans l’estomac.

Certains nutriments sont sublimés par la cuisson.

Le sulforaphane des crucifères qui est nécessaire pour renforcer notre système glutathion qui est le système endogène de détoxication, bien plus efficace que tout ce que l’on apporte de l’extérieur, ne supporte pas la cuisson, mais en contre partie l’indol se forme quand les crucifères sont cuits et il a de grandes capacités contre les cellules cancéreuses.

La vitamine C supporte mal la chaleur, mais le lycopène contenu dans les fruits et légumes rouges comme la tomate, le poivron, la pastèque, un anti-oxydant reconnu par certaines études plus puissant que la vitamine C (professeur Rui Hai Liu). Et bien le taux de lycopène est bien supérieur dans une tomate cuite. (2)

En ce qui concerne le béta-carotène, des études montrent aussi que des carottes cuites en contiennent plus. Mais la cuisson fait aussi disparaître les polyphénols qui ont d’importantes qualités anti-oxydantes. (3)

À propos de la réaction du système immunitaire :

Pour certains, il y a un taux de globules blancs plus élevé dans le sang de ceux qui mangent cuit. Mais pour les connaisseurs d’immuno-nutrition, ces réactions ne peuvent être généralisées.
Chacun a son propre système immunitaire et une personne peut réagir plus fortement à une pomme crue que cuite.
Certains aliments que l’on consomme crus engendre une forte réaction chez beaucoup d’entre nous alors que d’autres que l’on mange cuits n’entraînent en général pas de réaction.

La cuisson dans l’eau permet aussi de diminuer l’ingestion des fodmaps.

Aussi, la seule solution pour détruire les lectines contenues dans les végétaux est même la cuisson à la cocotte minute (R, R), donc les plantes riches en lectines et qui génèrent une forte réaction histaminique devraient être plutôt consommées cuites. Pour ces aliments riches en lectines, voyez cet article http://www.pourquelarouetourne.com/ces-aliments-sains-qui-percent-vos-intestins-attention-aux-lectines-et-a-lhistamine/
Et contrairement à ce qu’on imagine, la cuisson à la cocotte minute n’est pas forcément la plus mauvaise (R, R R)

La cuisson détériore les protéines et les lipides :

La cuisson coagule toutes les protéines et les rend perméables aux sucs digestifs, entraînant une hyperacidité gastrique. Mais la cuisson permet de détruire les bactéries pathogènes. L’avidine des œufs par exemple, consommés crus annule les effets de la biotine, un nutriment essentiel. La cuisson améliore la digestibilité des protéines végétales.

Les huiles chauffées sont dénaturées et prennent une configuration trans, inutilisable par l’organisme. La cuisson n’apporte absolument aucun avantage sur les lipides.

Alors cuit ou cru ?

Difficile de donner une réponse stricte. Dans l’état actuel des avancées scientifiques sur la nutrition, on ne sait pas encore aujourd’hui quelle serait l’alimentation idéale, car nous commençons tout juste à découvrir l’importance du microbiote.

Reste quand même à s’intéresser à la dysbiose intestinale et la candidose engendrée par l’intoxication aux métaux lourds, qui entraîne les intolérances alimentaires et donc augmente l’inflammation, ce que nous cherchons justement à diminuer. Le cru étant plus difficile à digérer, il y aura aussi beaucoup plus de fermentation dans le système digestif.

L’immuno-nutrition peut vous permettre d’adapter votre alimentation à votre cas particulier.

Les adeptes du tout cru, mangent souvent beaucoup de fruits (souvent beaucoup trop), et le fructose est le sucre le plus fermentescible et comme les protéines, engendre une production d’acide urique. En général, on me répond, oui mais les fruits c’est quand même une super énergie, alors je dis, oui, la cocaïne aussi. Les dernières avancées scientifiques montrent que le sucre, y compris le fructose, est à limiter sérieusement. Cependant, dans une démarche vers du tout cru on supprime le gluten, et bons nombres de grands allergènes, et c’est une bonne chose.

Je continue de penser qu’il n’y a pas une alimentation valable pour tous et à chaque instant de notre vie.

Donc, tout dépend de ce qu’on mangera dans le cadre d’une alimentation crue, de notre génétique, de l’expression de nos gènes, de notre histoire et tant de paramètres, alors du coup, j’ai vu plusieurs personnes réellement aggraver leur situation de santé en se mettant au tout cru alors que d’autres semblent en tirer beaucoup de bénéfices.

Dans un premier temps supprimer les aliments reconnus grands allergènes restera sans doute le plus efficace.

Ensuite, une question d’équilibre et de bon sens. Mais si une alimentation semble ne pas vous convenir, alors je pense qu’il faut savoir réévaluer ses supposés bénéfices, quoiqu’en dise la mouvance du moment.

Prenez soin de vous et portez vous au mieux !

Cultivez votre jardin intérieur pour faire fleurir votre être !

Gwénola

1:  Sulforaphane inhibits extracellular, intracellular, and antibiotic-resistant strains of Helicobacter pylori and prevents benzo[a]pyrene-induced stomach tumors.PNAS
Suppression of microtubule dynamic instability and turnover in MCF7 breast cancer cells by sulforaphane. Carcinogenesis 2008 29(12):2360-2368
  The American Society for Nutritional Sciences J. Nutr. 134:3493S-3498S, Dec. 2004
Kinetics of the Stability of Broccoli (Brassica oleracea Cv. Italica) Myrosinase and Isothiocyanates in Broccoli Juice during Pressure/Temperature Treatments. J. Agric. Food Chem., 2007, 55 (6), pp 2163–2170

2: Thermal Processing Enhances the Nutritional Value of Tomatoes by Increasing Total Antioxidant Activity. Journal of Agriculture and Food Chemistry,2002, 50 (10), pp 3010–3014

3: Antioxidant Changes and Sensory Properties of Carrot Puree Processed with and without Periderm Tissue. J. Agric. Food Chem., 2000, 48 (4), pp 1315–1321
 Polyphenols and disease risk in epidemiologic studies Am J Clin Nutr Arts and Hollman 81 (1) : 317S

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