Devenir crudivore, est-ce une bonne idée?

L’alimentation vivante a le vent en poupe depuis quelques mois, mais est-ce réellement justifiée ?
Hippocrate disait quand même que la cuisson nous avait sauvé. Quels étaient ses critères pour faire une telle affirmation ?
La médecine chinoise attache elle aussi beaucoup d’importance à la cuisson des aliments en améliorant leur digestibilité et donc économisant l’énergie de la digestion.

Nutriments sublimés ou détruits ?

Les adeptes du tout cru, disent que ne pas cuire les aliments permet de conserver les enzymes, les vitamines et oligo-éléments, ce qui est vrai en partie mais pas suffisant.

Un corps en bonne santé sait fabriquer des enzymes, d’autant que celles apportées par l’alimentation sont pour la plupart détruites par l’acide chlorhydrique dans l’estomac.

Certains nutriments sont sublimés par la cuisson.

Le sulforaphane des crucifères qui est nécessaire pour renforcer notre système glutathion qui est le système endogène de détoxication, bien plus efficace que tout ce que l’on apporte de l’extérieur, ne supporte pas la cuisson, mais en contre partie l’indol se forme quand les crucifères sont cuits et il a de grandes capacités contre les cellules cancéreuses.

La vitamine C supporte mal la chaleur, mais le lycopène contenu dans les fruits et légumes rouges comme la tomate, le poivron, la pastèque, un anti-oxydant reconnu par certaines études plus puissant que la vitamine C (professeur Rui Hai Liu). Et bien le taux de lycopène est bien supérieur dans une tomate cuite. (2)

En ce qui concerne le béta-carotène, des études montrent aussi que des carottes cuites en contiennent plus. Mais la cuisson fait aussi disparaître les polyphénols qui ont d’importantes qualités anti-oxydantes. (3)

À propos de la réaction du système immunitaire :

Pour certains, il y a un taux de globules blancs plus élevé dans le sang de ceux qui mangent cuit. Mais pour les connaisseurs d’immuno-nutrition, ces réactions ne peuvent être généralisées.
Chacun a son propre système immunitaire et une personne peut réagir plus fortement à une pomme crue que cuite.
Certains aliments que l’on consomme crus engendre une forte réaction chez beaucoup d’entre nous alors que d’autres que l’on mange cuits n’entraînent en général pas de réaction.

La cuisson détériore les protéines et les lipides :

La cuisson coagule toutes les protéines et les rend perméables aux sucs digestifs, entraînant une hyperacidité gastrique. Mais la cuisson permet de détruire les bactéries pathogènes. L’avidine des œufs par exemple, consommés crus annule les effets de la biotine, un nutriment essentiel. La cuisson améliore la digestibilité des protéines végétales à moins de ne les manger que sous forme germées.

Les huiles chauffées sont dénaturées et prennent une configuration trans, inutilisable par l’organisme. La cuisson n’apporte absolument aucun avantage sur les lipides.

Alors cuit ou cru ?

Difficile de donner une réponse stricte. Dans l’état actuel des avancées scientifiques sur la nutrition, on ne sait pas encore aujourd’hui quelle serait l’alimentation idéale, car nous commençons tout juste à découvrir l’importance du microbiote.

Reste quand même à s’intéresser à la dysbiose intestinale et la candidose engendrée par l’intoxication aux métaux lourds, qui entraîne les intolérances alimentaires et donc augmente l’inflammation, ce que nous cherchons justement à diminuer.

L’immuno-nutrition peut vous permettre d’adapter votre alimentation à votre cas particulier.

Les adeptes du tout cru, mangent beaucoup de fruits, et le fructose engendre une production d’acide urique, sans compter que le fructose reste un sucre, mais dans leur démarche ils suppriment le gluten, et bons nombres de grands allergènes, et c’est une bonne chose.

Dans un premier temps supprimer les aliments reconnus grands allergènes restera sans doute le plus efficace.

Ensuite, une question d’équilibre et de bon sens.

Prenez soin de vous et portez vous au mieux !

Gwénola

1:  Sulforaphane inhibits extracellular, intracellular, and antibiotic-resistant strains of Helicobacter pylori and prevents benzo[a]pyrene-induced stomach tumors.PNAS
Suppression of microtubule dynamic instability and turnover in MCF7 breast cancer cells by sulforaphane. Carcinogenesis 2008 29(12):2360-2368
  The American Society for Nutritional Sciences J. Nutr. 134:3493S-3498S, Dec. 2004
Kinetics of the Stability of Broccoli (Brassica oleracea Cv. Italica) Myrosinase and Isothiocyanates in Broccoli Juice during Pressure/Temperature Treatments. J. Agric. Food Chem., 2007, 55 (6), pp 2163–2170

2: Thermal Processing Enhances the Nutritional Value of Tomatoes by Increasing Total Antioxidant Activity. Journal of Agriculture and Food Chemistry,2002, 50 (10), pp 3010–3014

3: Antioxidant Changes and Sensory Properties of Carrot Puree Processed with and without Periderm Tissue. J. Agric. Food Chem., 2000, 48 (4), pp 1315–1321
 Polyphenols and disease risk in epidemiologic studies Am J Clin Nutr Arts and Hollman 81 (1) : 317S