Violences et Troubles du Comportement

Avez-vous déjà réfléchi aux différentes raisons qui poussent l’Homme d’aujourd’hui à jouer des coudes avec ses propres frères ?
Probablement que certaines réponses vous sont parvenues sans que vous n’ayez eu à vous questionner. Certaines de ces réponses sont acheminées par les médias, par les documentaires d’investigations, par l’expérience de vos proches, par internet, par votre propre perception.
Mais, cette perception est-elle suffisamment juste pour considérer son fondement ?
Avez-vous, selon vous, obtenu les réponses les plus évidentes pour enrichir votre savoir sans commettre la moindre erreur d’évaluation, de jugement ?
Effectivement, les violences d’aujourd’hui existent pour toutes ces raisons qui poussent l’Homme à s’individualiser, à s’organiser, à s’unifier, à détester, à haïr, à semer le chaos, à tuer, à éprouver du dégoût pour la vie et même envisager sa propre mort.
L’existence de l’Homme s’érige comme une lourde bataille qu’il se voit mener sans même en comprendre le but. Lorsqu’il se pose des questions, il se nourrit des réponses les plus basiques, peu importe d’où elles proviennent, tant que celles-ci sont en mesure de le rassurer.
Les violences modernes éclatent régulièrement pour des inégalités, qu’elles soient sociales, financières, affectives, démocratiques, religieuses, raisonnées ou raisonnables. Ces paradoxes dans lesquels l’individu ne trouve plus sa place et décide d’en chercher une qu’il pourra revendiquer pour se sentir libre d’exister.
Vous avez déjà pu apercevoir, dans certains quartiers, des jeunes adolescents se vanter d’avoir violenté une femme avant de lui arracher son sac de courses à la sortie d’une parfumerie de luxe ; leurs camarades rigolant de leurs exploits et les en félicitant même d’une manière extrêmement exagérée.
Ont-ils seulement réfléchi au fait que cette femme venait de réunir toutes ses petites économies pour offrir un cadeau d’anniversaire à sa fille ?
Comment peuvent-ils s’en satisfaire ?
Comment justifier un tel acte ?
Comment justifier une telle cruauté ?
Ces jeunes, du haut de leur mobylette, leur casque à peine posé sur le coin de leur tête, sont pourtant convaincus que leur action reste noble, légitime et qu’il est nécessaire pour leur survie de fonctionner ainsi.
Pourtant ces jeunes prétendent respecter une religion.
Pourquoi ?
Pourquoi ne respecteraient-ils pas les femmes ?
Comment ont-ils appris que c’était pour eux un moyen d’exister, de se sentir vivant, de se sentir utile ?
D’où tiennent-ils cette éducation ?
Quelle éducation peut-on distinguer ici ?
Il semblerait que ce soit une forme de formatage environnemental ou un formatage institutionnel ; cette éducation qui est transmise de manière insidieuse par les habitudes de l’environnement dans lequel ces jeunes adultes évoluent. Les quartiers dans lesquels ils grandissent leur fournissent les outils de construction nécessaires au développement de leur personnalité si bancale à nos yeux et si légitime aux leurs.
Ils apprennent en jouant tranquillement depuis le bac à sable où ils se jettent les pèles en plastique à la figure jusqu’à la berline de luxe rutilante qu’ils auront volée dans le centre ville simplement pour s’amuser dans les rues de leur quartier avant d’y mettre le feu afin d’être adulés.
Leurs parents, bien souvent originaires des mêmes quartiers, n’ont malheureusement pas plus d’autorité sur leurs enfants qu’ils n’en ont eu sur eux-mêmes dans leurs jeunes années. Cette forme de laxisme se transmet de génération en génération tout comme le manque affectif maladroitement transmis par ceux qui n’ont pas pu profiter d’un environnement aimant et sécurisant, avant d’atteindre l’âge adulte.
Dans un ordre d’idées similaires, les enfants subissant les quelques violences maladroites de leurs parents pourraient tôt ou tard ressentir le besoin de transmettre ce traumatisme à leur tour afin de se sentir libre d’exister ou bien d’y croire. Seuls seront épargnés celles et ceux qui feront un travail de résilience approprié.
Ce qui contraint, de manière assez légitime, le jeune adolescent à profiter d’un soupçon de satisfaction dès qu’il se livre à des actions violentes injustifiées, qui le rendront certainement plus honorable auprès de ses camarades. Ceux qui sont devenus peu à peu un repère de référence de satisfaction personnelle.
En parallèle, les addictions aux différentes drogues, sont devenues une véritable usine d’entretien de leurs comportements sociaux. L’alcool, la cocaïne, les médicaments, l’alimentation, les additifs alimentaires sont autant de facteurs aggravants de leur souffrance injustifiée au-delà des traumatismes propres à chaque existence.
Les plus insoupçonnés sont évidemment ceux de l’industrie pharmaceutique et ceux de l’industrie agroalimentaire. En dehors des facteurs familiaux et des détracteurs intergénérationnels, il existe des mécanismes déclencheurs de comportements aléatoires selon les classes sociales de la population et selon sa faim.
Dans notre société, les familles pauvres ne deviennent pas forcément violentes, aigries, désinvoltes parce qu’elles manquent d’argent ou de présence sociale. Elles ne deviennent pas nécessairement addictes aux drogues parce que leurs parents l’étaient.
Elles le deviennent parce qu’un ensemble de facteurs les y contraint malgré elles mais, de leur plein gré. Elles épousent simplement une hygiène de vie qui leur est propre et s’y perdent comme leurs voisins. Cela leur permet de s’instaurer des fondamentaux sensiblement différents de ceux qui se sont construits une vie plus aisée. Toutefois, cela ne semble pas forcément vrai dans tous les cas. Les exceptions résistent et se distinguent très souvent par une réussite fulgurante. Cela leur permet d’éviter certains pièges d’empoisonnement environnementaux.
Vous pouvez noter que les familles modestes s’alimentent différemment et bien souvent en grande quantité comme pour compenser un manque injustifié. Bien souvent le déficit de moyens financiers, les familles nombreuses, les contextes de vies professionnelles précaires amènent ces familles à se fournir au plus pratique, moins cher et plus commode.
Toutefois, cette façon de faire comporte certains désagréments. Leurs repas et leurs boissons sont composés d’ingrédients particulièrement indigestes, modifiés, transformés et élaborés par des procédés chimiques. Il n’est donc pas exclu que leurs organismes souffrent en conséquence d’intoxications et qu’une influence sur leur mental puisse être justifiée. Notre organisme, notre peau, notre squelette, nos muscles, nos organes, notre cerveau sont fabriqués à partir de ce que nous ingérons dans l’air que nous respirons et dans nos assiettes quand nous en avons. Des parasites, des bactéries, de nouveaux hôtes viennent pervertir par la même occasion certains de nos processus biologiques.
Avez-vous observé à quel point certains groupes d’adolescents se nourrissant dans nos restaurants rapides sont particulièrement agités, souvent pendant les soixante-douze heures qui suivent leur repas ?
Avez-vous remarqué les nombreuses personnes qui exigent de se fournir de plus en plus en alcool avant, pendant et après leurs savoureux déjeuners ?
Ces besoins ne sont pas anodins. Ils sont la preuve d’un besoin de cultiver une sorte de toxicose. Un organisme intoxiqué est habitué à fonctionner comme cela. Il a l’habitude de souffrir, de métaboliser à ce rythme et semble en demander encore et encore.
Certains aliments semblent se transformer en opiacés lorsqu’ils ne sont pas réellement assimilables par l’organisme. Notre organisme dupé en redemande, en redemande, jusqu’à l’intoxication, jusqu’à la maladie, jusqu’à la mort. D’autant plus que ces drogues font partie intégrante des nombreux plats rapides disponibles dans nos commerces d’aujourd’hui et de demain. Ceux que l’industrie nous recommande d’acheter en nous prouvant la bienveillance de leurs publicités. Et, nous continuons de nous pervertir pour désarmer notre intellect.
Comme bon nombre de drogues alimentaires et de médicaments, l’alcool reste un excellent provocateur de troubles par inhibition de conscience primaire. L’alcool s’installe dans de nombreux contextes sociaux, parmi lesquels nous notons les contextes séducteurs et dépressifs à récurrence. Le sexe s’arbore presque toujours de manière animale mais moderne. Nous sommes ébahis bien souvent par l’idée de prendre ainsi du plaisir. Le sexe est devenu un besoin social en pleine expansion, de par le nombre de proposition et d’incitations que nous pouvons observer. Ce qui le rend de moins en moins naturel alors que l’acte l’est profondément en lui-même. Nous nous sommes inculqués des valeurs de respect, dans le but de préserver une intimité accordée à l’une mais pas à l’autre, de préserver le plaisir reçu par une seule personne et non plusieurs. En fonction de notre culture du sujet, nous nous posons différemment sur la question de ce respect dédié à l’exclusivité, à la fidélité…
Au delà de tous ces paradigmes, nous observons des facteurs toxiques certes, mais des facteurs aggravants de dérives comportementales actuelles. Les troubles alimentaires, le terrain, l’éducation, l’environnement, sont autant de facteurs de composition d’une dérive que l’alcool est un véritable accélérateur de pulsion d’autant plus lorsqu’il est en plus agrémenté d’un autre perturbateur endocrinien.
Nous nous rapprochons dangereusement de ce que nous avons effacé durant des années : nos réelles pulsions animales. Nous nous laissons aller aux dérives les plus malsaines aux vues de notre civilisation moderne. En même temps, nous nous en satisfaisons merveilleusement.
Comment imaginer que ce qui nous entoure, ce que nous faisons, ce que nous créons, ce que nous mangeons, ce que nous respirons, ce que nous-mêmes sommes et entretenons, soient de simples silencieuses et dangereuses armes pour l’humanité.
Pourquoi ne semblez-vous point au courant ?
Vous êtes-vous au moins déjà posé la question ?
Vous avez pour habitude de regarder la télévision et les publicités que celle-ci vous vante comme un fervent apprentissage de votre monde en vous soumettant l’obligation d’acheter, de combler un vide. Lorsque vous voyez une publicité qui vous ordonne d’acheter de la pâte à tartiner parce qu’elle est essentielle à la croissance de votre enfant, vous la mettez sur votre liste de courses.
Lorsque vous voyez l’image d’un magnifique hamburger fumant et savoureux, vous descendez en chercher un au restaurant rapide du coin.
Ne voyez-vous pas un problème dans ce mécanisme ?
Vous ne vous posez aucune question. Il y a plusieurs explications à cela. Tout d’abord, le milieu dans lequel vous vivez est favorable à l’acceptation de la publicité. Vos amis, vos proches, votre famille ne se posent aucune question, tout comme vous. Ce qui vous amène à globalement vous complaire dans ce phénomène de croyance en masse. Plus vous êtes nombreux à accepter, plus cela devient logique pour la population concernée.
Plus une absurdité vous sera répétée comme étant légitime, plus vous y croirez. D’autant plus que si, dans mon discours, je vous offre des choses véritables, vous pourrez croire en toutes les autres affirmations fausses que je pourrais vous énoncer.
L’ignorance de l’humanité est le plus gros atout des puissantes industries de notre monde. Que ce soit dans les livres que vous lisez, les magazines que vous parcourez, les émissions que vous regardez attentivement ou les discours des hommes et des femmes dont le statut vous dépasse et, dont vous acceptez les discours sans une once de questionnement.
Mais, si demain vous apprenez que les variations de comportement de votre partenaire, que les sautes d’humeur de votre meilleur ami, les odeurs vaginales nauséabondes de votre femme, la dépression de votre mère, l’agressivité de votre cousin, le cancer de votre professeur de mathématiques, la maladie articulaire de votre sœur étaient liés à des détracteurs alimentaires communs, l’accepteriez-vous ?
Vous poseriez-vous une seule question ?
Pour cela il faudrait bien évidemment mettre en doute tout ce que vous avez appris précédemment par la publicité des industriels. Vous devriez mettre en doute les avis de vos proches qui ont également subi le formatage des publicités industrielles et qui en revendiquent quotidiennement les idées reçues.
Notez bien que les plus grandes associations d’intérêt public, qui luttent contre les maladies graves les plus absurdes, ont tout intérêt à ce que ces maladies continuent d’exister pour subsister et donner une légitimité à leurs actions auprès de vos familles.
Il existe bel et bien un lien entre les habitudes alimentaires d’une famille ou d’un groupe et leurs comportements sociaux. Même si vous avez tendance à imaginer qu’il réside un traumatisme évident à la survenue de leurs souffrances, ces stigmates possèdent le sens qu’on veut bien leur attribuer. Et, bien souvent votre médecin saura vous mettre en défaut en vous demandant de vous remémorer un souvenir douloureux pour qu’il puisse justifier votre évidente violence mentale, votre déséquilibre. Et, vous en trouverez forcément un, que vous identifierez comme étant celui que vous cherchez.
Mais, ce douloureux souvenir est-il suffisamment choquant pour justifier du vol d’un sac à main avec agression sur une innocente jeune femme ?
Est-il suffisamment percutant pour que vous frappiez votre femme jusqu’à entrainer son décès ?
Est-il suffisamment déroutant pour que vous arrachiez les ailes de votre oiseau domestique ou bien que vous enfonciez un bâton de bois dans l’œil de votre chien ?
Est-il suffisamment présent dans votre esprit pour que vous vous justifiiez de la maltraitance de votre enfant ?
C’est un facteur aggravant parce qu’il est juste suffisamment présent dans votre mémoire pour que vous ayez le sentiment que ce traumatisme justifie les actes les plus insensés. Et, vous vous complaisez à les réaliser, sans vous poser de question.
La solution, le Graal, la porte de sortie immédiate à cette difficulté de compréhension semble être un médicament que votre thérapeute vous octroiera avec un grand plaisir. Il a appris ainsi à compenser le désespoir de ses patients, tout comme vous à justifier vos actes, sans se poser plus de question que vous…
Si votre père court vers vous sans raison apparente tout en vous envoyant un briquet dans l’œil, puis frappe suffisamment fort dans la roue arrière du vélo sur lequel vous êtes assis pour qu’il se plie afin que vous tombiez au sol sans même réaliser que vous êtes déjà allongé sur le bitume, la cuisse coincée sous le cadre de votre bicyclette avec pour seul élément dans votre champ de vision : votre père qui frappe, une jambe après l’autre, la structure en acier de votre monture à deux roues pendant que vous essayez de vous en échapper en gémissant, malheureusement sans résultat.
Vous relèverez-vous en vous posant la bonne question ?
Malheureusement, vous jugerez cet acte impardonnable tout en cherchant l’erreur que vous avez bien pu commettre pour recevoir ce déluge de coups et, vous arrêterez ici votre réflexion.
Cependant, cet acte fera dorénavant partie de vous, de votre expérience et vous détesterez peut-être votre père. Il sera dans votre parcours un nouveau traumatisme que vous devrez ranger dans un tiroir pour ne pas avoir envie, par la suite, d’écraser à mains nues les prochains VTT que vous posséderez lorsque ceux-ci présenteront le moindre défaut injustifié.
Cela ne fait aucun doute. Le trouble qui vient de surgir est purement psychique selon la perception que vous avez eue.
Mais, l’état mental dans lequel se trouvait votre père n’a-t-il pas pu être alimenté par un facteur aggravant ?
Il me semble avoir mis la main sur certains détracteurs communs qui poussent l’homme à agir de manière impulsive sans laisser place à la réflexion. De nombreux calculs s’opèrent dans votre tête lorsque vous êtes confronté à une situation de peur, de joie, de souffrance, de jouissance, comme dans tout autre contexte en fait. Mais, vous n’avez que très rarement la main sur ces données qui s’opèrent d’elles-mêmes en vous amenant à la réaction la plus évidente.
L’état de notre organisme est responsable de la viabilité de ces calculs. Une souffrance cellulaire peut en altérer les résultats quelque soit son origine. Quelque soit la partie en souffrance dans votre corps, des déséquilibres peuvent s’installer. Ces déséquilibres engendrent des autorégulations hormonales pour palier les déficiences et réguler les transferts d’énergie. Et, évidemment les hormones sont essentielles à notre réflexion, à notre ligne directrice de pensée. Même si elles ne sont certainement pas les seules en causes. En parallèle, plusieurs organes en souffrance peuvent avoir une même cause. Et peu importe la cause, les terminaisons nerveuses sont là pour capter les informations et retranscrire ce qui est interprétable pour permettre aux différents systèmes de continuer de fonctionner librement. Mais, lorsque les machineries surchauffent, les informations sont à nouveau erronées. On peut se rendre compte de modifications dans les comportements dues aux erreurs d’appréciation. Lorsque votre cerveau est endommagé, les erreurs sont encore plus parlantes. Car, les anomalies se sont glissées à proximité de notre boîte à calculs.
Mais, comment notre alimentation peut-elle avoir un rapport aussi étroit avec notre réflexion ?
Simplement par le nombre important de toxines, d’éléments nocifs qui s’introduisent dans l’organisme et qui y laissent des cicatrices inflammatoires à l’origine des défaillances organiques, notamment dans le système digestif qui régule nos fonctions primaires comme nos aptitudes intellectuelles. Plus ces toxines sont incorporées, plus elles passent inaperçues mais, plus elles laissent des traces.
Cela semble d’autant plus flagrant lors d’une sévère intolérance alimentaire. Le sujet parait comme coupé de sa propre réflexion. Toute logique semble altérée. L’humeur est variable, les pensées paraissent inhabituelles. Probablement en raison de violents dérèglements biologiques. Le sujet ne se rend compte de rien car, il n’a pas été habilité à interpréter ce qu’il a du mal à comprendre.
C’est l’une des raisons qui nous laissent encore à penser que, dès que nous nous sentons différents, il faut nous rendre chez le thérapeute pour que celui-ci corrige nos lacunes. Ce qui nous échappe la plupart du temps, c’est que nous pouvons globalement le faire nous-mêmes. Il suffirait que nous fassions preuve de quelque peu de discernement et d’autodiscipline.
Mais, comment pourrions-nous y parvenir si nos propres capacités de calcul sont altérées ?
Il est alors parfois nécessaire de faire place à notre deuxième machine, qui est en réalité la première à laquelle nous devrions consacrer toute notre attention. Celle que nous avons laissée s’effacer derrière notre culture, derrière notre éducation, derrière ce que nous avons appris. Celle qui nous a été confiée lors de notre venue au monde : notre instinct…

Tiger’s mind

Vous pouvez trouver l’ensemble du récit de Tiger’s mind « Who is innocent » « Dans l’Intimité d’une Myopathie Atypique »en lecture libre à cette adresse

Merci Fabrice pour cet article.

De nombreux articles sur ce site sont en lien avec ce texte de Tiger’s mind mais si vous avez encore un moment, vous pourriez lire celui-ci La haine, la violence… et le fruit défendu

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Les dents des bébés montrent comment l’exposition à divers métaux peut être liée à l’autisme

Les chercheurs cherchent depuis des décennies pourquoi certains enfants développent l‘autisme – parfois même leur jumeau – mais une nouvelle étude indique que les dents des bébés peuvent fournir des indices.

La nouvelle étude publiée dans Nature Communications met en lumière certains facteurs possibles du risque d’autisme, révélés dans les dents des enfants : l’exposition à divers métaux, à la fois toxiques et nutritionnels, comme le plomb et le zinc et les changements d’exposition à différents stades du développement de l’enfant.

La petite étude a examiné les dents de bébé de 32 paires de jumeaux pour voir si les niveaux de plomb et d’autres métaux étaient en corrélation avec un risque accru de développer l’autisme. Le trouble du spectre autistique continue d’affecter 1 à 2 % des enfants nés en Europe, en Amérique du Nord et dans d’autres régions développées, selon les auteurs de l’étude.

Bien que de nombreuses recherches aient été faites sur le terrain, il y a eu peu d’étude sur la façon dont les facteurs environnementaux spécifiques peuvent affecter le risque d’autisme.
« Nous pensons que l’autisme commence très tôt, probablement dans l’utérus, et la recherche suggère que notre environnement peut augmenter le risque d’un enfant. Mais au moment où les enfants sont diagnostiqués à l’âge de 3 ou 4 ans, il est difficile de revenir en arrière et de savoir ce à quoi les mamans ont été exposées « , a déclaré Cindy Lawler, Ph.D., responsable de la division NIEHS Genes, Environnement et Santé, dans un communiqué publié aujourd’hui. « Avec les dents de bébé, nous pouvons réellement faire cela. »

Dans l’étude, les chercheurs de l’École de médecine d’Icahn au Mont Sinaï ont examiné si l’exposition à certains métaux, identifiée dans la matrice des dents de bébé, a montré une association avec le risque d’autisme.

Les chercheurs ont recruté des jumeaux d’une base de données nationale de jumeaux en Suède afin de mieux comprendre quels étaient les modes d’absorption des métaux chez les enfants à la fois diagnostiqués et non diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique.

L’étude a été menée par Manish Arora, Ph.D., un scientifique environnemental et un dentiste de l’École de médecine d’Icahn au mont Sinaï à New York. Arora et ses collègues avaient déjà développé une méthode qui utilisait des dents de bébé qui étaient tombées pour mesurer l’exposition des enfants au plomb et à d’autres métaux in-utéro et pendant la petite enfance. Avec le soutien de l’Institut national des sciences de la santé environnementale (NIEHS)

Les chercheurs utilisent des lasers pour extraire des couches précises de la dentine, la substance dure sous l’émail dentaire, pour l’analyse des métaux.

« Ce qui est nécessaire, c’est une fenêtre dans notre vie fœtale », a-t-il déclaré. « Contrairement aux gènes, notre environnement change constamment et la réponse de notre corps face aux facteurs de stress environnementaux dépend non seulement de la façon dont nous étions exposés, mais à quel âge nous avons connu cette exposition ».

Les chercheurs ont examiné les métaux qui sont des nutriments clés tels que le zinc et le manganèse, ainsi que des métaux toxiques comme le plomb. Ils ont également été en mesure d’estimer à quel stade du développement de l’enfant, ils ont été exposés à certains métaux et à quels niveaux.

Ils ont utilisé des dents de bébé de 32 paires de jumeaux pour établir un modèle d’absorption des métaux. Parmi ces 32 paires de jumeaux, six avaient un seul jumeau avec des troubles du spectre autistique, sept avaient deux jumeaux avec autisme et 19 ne sont pas affectés. Les chercheurs ont trouvé des différences plus faibles dans les modes d’absorption des métaux lorsque les deux jumeaux avaient des troubles autistiques. Ils ont trouvé des différences significatives dans les paires où un seul jumeau a été diagnostiqué avec autisme.

Les chercheurs ont pu montrer des différences concernant six métaux, dont le plomb, le zinc, l’étain, le chrome et le manganèse sur les dix métaux étudiés et leur lien avec les taux d’autisme. Le plomb et le manganèse étaient statistiquement significatifs dans la façon dont ils impactaient le risque d’autisme.(l’aluminium n’ayant pas été analysé)

Les niveaux de plomb étaient constamment plus élevés dix semaines avant la naissance à vingt semaines après la naissance chez les enfants atteints d’un trouble du spectre autistique comparés à ceux des enfants sans autisme.

La plus grande différence a été observée 15 semaines après la naissance des jumeaux : les niveaux de plomb étaient 1,5 fois plus élevés chez les enfants atteints de troubles du spectre autistique que chez les enfants sans autisme.

Les niveaux de manganèse étaient systématiquement plus faibles chez les enfants souffrant de troubles du spectre autistique pendant deux fenêtres critiques : 10 semaines avant le naissance et de 5 à 20 semaines après la naissance. La plus grande différence a été notée à 15 semaines après la naissance, lorsque les taux de manganèse étaient 2,5 fois plus faibles dans les cas de troubles du spectre autistique.

Des études antérieures ont montré des résultats mitigés sur le lien entre l’autisme et l’exposition aux métaux, notamment le plomb, mais beaucoup sont limitées par les possibilités d’autres facteurs, y compris la génétique, qui pourraient affecter le trouble. En étudiant les jumeaux, les scientifiques espéraient éliminer la génétique comme facteur et isoler les expositions aux métaux de l’environnement.

Cette étude comprend un petit groupe d’enfants mais les chercheurs ont été encouragés par les résultats, qui apporte un éclairage sur les origines de l’autisme et pourrait permettre d’établir des lignes directrices supplémentaires pour la profession médicale afin de conseiller les parents inquiets au sujet de l’exposition aux métaux.

« Nous avons identifié la période de temps à laquelle nous sommes les plus susceptibles », a déclaré Arora. « Nous espérons aider et être en mesure de fournir des recommandations cliniques pendant que nous continuons les recherches. »

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