Lyme et allergie à la viande rouge

Au cours de la dernière décennie, un nouveau type d’allergie alimentaire présentant des réactions allergiques graves plusieurs heures après la consommation de viande rouge a été reconnu. Les réponses allergiques sont dues à des anticorps IgE dirigés contre une fraction glucidique sur des protéines, le galactose-α-1,3-galactose (α-Gal) trouvé dans la viande de mammifère (bœuf, porc, mouton…)

L’allergie à la viande de mammifère est une allergie émergente, de plus en plus répandue dans les régions endémiques de tiques d’Australie, de l’est et le centre des États-Unis, de l’Europe notamment la Scandinavie et certaines parties de l’Asie. La sensibilisation au galactose-α-1,3-galactose (α-Gal) s’est révélée être le mécanisme d’une réaction allergique à la viande de mammifère induite après morsure de tique.

Des travaux récents ont montré que l’α-Gal est présent dans la tique Ixodes ricinus (I. ricinus), ce qui explique potentiellement la forte association entre les IgE anti-α-Gal et les piqûres de tiques, avec le développement de l’allergie à la viande rouge comme phénomène secondaire .

D’autres réactions non liées aux IgE peuvent tout à fait avoir lieu.
Les humains produisent naturellement des IgG2 anti-gal, ce qui les protège contre la flore bactérienne normale dans l’intestin qui produit l’épitope alpha-gal. Mais des taux plus élevés ont été retrouvés chez les patients montrant une réaction à IgE à l’alpha-gal. Les réactions à IgG sont déclarées normales mais est-ce réellement le cas ? Je vous invite à lire cet autre article pour plus d’informations.

La particularité clinique réside dans le fait qu’en fonction de la viande, la réaction anaphylactique n’a pas lieu et quand elle survient, elle se manifeste avec un retard de plusieurs heures. Le retard dans la présentation des symptômes peut aussi être attribué au temps nécessaire pour digérer les viandes. Ce qui rend difficile le diagnostic.

Attention, les protéines contenant l’α-Gal sont stables à la chaleur dans la viande, vous ne pouvez donc pas les désactiver en la cuisant. Ces réactions n’ont pas été notées avec la volaille ou les poissons, cela ne signifie pas pour autant que dans votre cas particulier votre corps n’y réagisse pas.

La reconnaissance de l’association entre l’allergie à la viande de mammifère et la maladie de Lyme ou les piqûres de tiques a établi une nouvelle relation de cause à effet entre une exposition environnementale et le développement subséquent d’une allergie alimentaire, nous orientant vers l’examen des expositions environnementales comme facteurs provoquant le développement d’autres allergies alimentaires et permet de se recentrer sur la causalité de l’allergie en général.

Bien que la description initiale de l’allergie alpha-gal en 2009 ait été limitée à la viande rouge, cet épitope est maintenant identifié dans un nombre élargi de produits, de médicaments et d’aliments – étiquetés et non étiquetés. De plus, les chercheurs commencent à reconnaître que l’allergie alimentaire alpha-gal est la pointe de l’iceberg pour cette réponse immunitaire.

Les recherches disent qu’avec le temps et sans nouvelle morsure, cette allergie tend à disparaître.

L’alpha-gal est l’une des raisons possibles des réactions à la viande mais il en existe d’autres même sans lien avec le système immunitaire. Des faiblesses enzymatiques, génétiques ou induites notamment par les métaux lourds, peuvent vous rendre sensible à la consommation de viande comme le dysfonctionnement de la monoamine oxydase. J’ai déjà écrit tout un dossier sur le lien entre cette enzyme et les addictions, et elle fera sans doute l’objet du prochain article. Les problèmes d’histamine sont aussi une raison de limiter la viande. Je ne nomme pas ici les autres problèmes plus connus ou les raisons éthiques qui nous poussent ou devraient nous pousser à nous interroger.

On me demande régulièrement si j’ai la maladie de Lyme et si je n’ai pas fait de test Elisa, ni de Western blot, un test de biorésonance fait en 2013 (Wegamed) indiquait effectivement la présence de borrélia, mais aux côtés de bien d’autres : candida (bien-sûr), trichine, ténia au cerveau, brucella, plasmodium, escherichia et plusieurs autres dont je ne me souviens plus. Le vrai problème, les co-infections. J’ai été mordue maintes fois durant ma vie, et oui, quand on aime la nature. Cet été 2013 d’ailleurs, j’ai à nouveau été piquée, à deux reprises alors que je faisais ma première randonnée itinérante dans les Vosges après avoir récupéré mes jambes. Je me souviens que lorsque j’avais 8 ou 9 ans, j’avais ce que je pensais être une croûte sur le haut de la tête et n’étant pas du genre à me plaindre j’étais restée longtemps ainsi, pensant qu’elle allait disparaître, mais après un temps, faute de réussir à l’enlever, je l’ai montrée à ma mère qui a retiré une tique bien gonflée. Je passe les détails pas ragoûtant. On avait l’habitude des tiques puisque l’on avait un chien, à l’époque on les retirait à l’éther, ouille.

Quoiqu’il en soit, si ces micro-organismes peuvent entraîner différents troubles des plus bénins aux plus invalidants, c’est certain, je reste persuadée que le microbe n’est rien mais que le terrain est tout.
En tout cas, cette allergie à la viande s’ajoute aux autres raisons pour expliquer pourquoi seule une alimentation très stricte, cette diète cétogène verte, pendant plusieurs mois, a réussi à me rendre la possibilité de marcher, faire du vélo, utiliser mon cerveau et m’a sortie du cauchemar. Éviter les aliments allergènes quelques mois, permet un repos du système immunitaire, une réinitialisation en somme.

Gwénola Le Dref

Références:
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27520937 Invited Commentary: Alpha-Gal Allergy: Tip of the Iceberg to a Pivotal Immune Response.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27656352 The red meat allergy syndrome in Sweden.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25653915 Tick-induced allergies: mammalian meat allergy, tick anaphylaxis and their significance.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26666477 Delayed anaphylaxis to alpha-gal, an oligosaccharide in mammalian meat.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25747720 The alpha-gal story: lessons learned from connecting the dots.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23743512 Tick bites and red meat allergy.
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/all.12128/pdf Identification of galactose-a-1,3-galactose in the gastrointestinal tract of the tick Ixodes ricinus; possible relationship with red meat allergy
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4036066/ Red meat allergy in Sweden: Association with tick sensitization and B-negative blood groups
IgE Production to α-Gal Is Accompanied by Elevated Levels of Specific IgG1 Antibodies and Low Amounts of IgE to Blood Group B

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