Mangez, ceci est mon corps, buvez ceci est mon sang Jésus a t-il vraiment dit cela?

Certains de prime abord se demanderont pourquoi choisir de traduire un tel article, alors que ceux qui ont lu mon livre ou qui me suivent depuis quelques temps comprendront la continuité.
Quand on a conscience de l’immense importance de ce que l’on mange sur ce que nous sommes physiquement, psychiquement mais aussi spirituellement, on comprend aisément que ce sur quoi s’appuie nos sociétés doit être questionné.
L’historien James Daniel Tabor fait un excellent travail afin de retrouver les débuts du christianisme et le message original qui est finalement bien loin de celui que l’on connaît aujourd’hui. Vous trouverez certains de ses livres traduits en français et de nombreux articles sur son site mais en anglais.
Celui que j’ai traduit a toute son importance puisque l’eucharistie est un élément central. J’ai déjà parlé des travaux de Monsieur Tabor dans un autre article « La haine, la violence…et le fruit défendu »
Un article de James Daniel Tabor Eat my body, drink my blood

« L’un des arguments les plus controversés, mais significatifs que je fais dans mon nouveau livre, Paul et Jésus, est que les mots traditionnels attribués à Jésus lors du dernier souper « Ceci est mon corps», «Ceci est mon sang» – sont ceux de Paul pas de Jésus! Voici un résumé des raisons qui me permettent d’arriver à cette conclusion et j’invite les lecteurs à explorer en profondeur ceci et d’autres façons dont Paul et Jésus différaient par la lecture du livre lui-même. (je l’aurai bientôt terminé)

C’est le plus central de tous les rites chrétiens – l’Eucharistie ou la Sainte Communion – impliquant de manger la chair et de boire le sang du Christ, même compris, il est aussi familier qu’il est étrange. Voici ce que Paul écrit aux Corinthiens vers l’an 54 :

Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai remis, que le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain, et, après avoir rendu grâce, il le rompit, et dit: «Ceci est mon corps qui est [rompu] pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. « De la même manière, il prit la coupe, après le souper, en disant:  » Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang. Faîtes ceci, aussi souvent que vous en boirez, en mémoire de moi « (1 Corinthiens 11: 23-25).

Marc, notre première évangile, écrit entre 75-80 AC de la dernière Cène de Jésus qui suit:
Et comme ils mangeaient, il prit le pain, et après la bénédiction, il le rompit et le leur donna, en disant: «Prenez, ceci est mon corps. « Et il pris une tasse, et quand il avait donné grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit: « Ceci est mon sang de l’alliance, qui est répandu pour la multitude» (Marc 14: 22-24).

Les similitudes verbales précises entre ces deux comptes sont tout à fait remarquables compte tenu du fait que la version de Paul a été écrite au moins vingt ans plus tôt que Marc. Où Paul aurait-il eu une telle description détaillée de ce que Jésus avait dit la nuit où il fut trahi ? L’hypothèse communément admise est que cette tradition de base, si fondamentale pour le mouvement d’origine de Jésus, avait circulé oralement pendant des décennies dans les diverses communautés chrétiennes. Paul l’aurait reçu directement de Pierre ou James, lors de sa première visite à Jérusalem vers l’an 40, ou appris de la congrégation chrétienne d’Antioche, où, selon le livre des Actes, il a d’abord lui-même établie (Actes 11:25) .

Ce que Paul dit clairement est facile à oublier: «Car j’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai remis. » Son langage est clair et sans équivoque. Il ne dit pas, « je l’ai reçu de l’un des apôtres, et donc indirectement il est venu du Seigneur», ou «Je l’ai appris à Antioche, mais ils l’avaient obtenu par la tradition du Seigneur. » Paul utilise précisément le même langue pour défendre la révélation de son Evangile et comment elle lui est venu. Il dit qu’il ne l’a reçu d’aucun homme, ni qu’elle lui a été enseignée, mais jure avec serment, « je l’ai reçu par une révélation de Jésus-Christ» (Galates 1: 11-12). Cela signifie que ce que Paul dit ici en ce qui concerne la Cène du Seigneur, y compris les paroles de Jésus sur le pain et le vin, nous vient de Paul et Paul seul !

Nous avons toutes les raisons de le prendre au mot. Bien que cela puisse sembler étrange pour nous que quelqu’un puisse prétendre avoir reçu par la révélation un récit du dernier repas de Jésus avec ses disciples, des années après l’événement, Paul considérait ce genre de chose une manifestation normale de sa connexion prophétique avec l’Esprit du Christ . L’un des dons de l’Esprit était une « parole de connaissance », et une telle révélation pourrait s’appliquer au passé, au présent ou à l’avenir. De la même façon Paul affirme avoir reçu un scénario détaillé de ce qui se passera dans l’avenir, lorsque Jésus reviendra. Il fait précéder sa révélation par : « Pour cela, je vous le déclare, par la parole du Seigneur» (1 Thessaloniciens 4:15). Paul dit qu’il entend Jésus. Pour spéculer sur l’origine des idées de Paul, qu’il prétend être fournies par la révélation est d’entrer dans sa psychologie personnelle à un degré auquel nous avons pas accès. La tâche de l’historien est d’analyser ce que l’on pourrait prétendre, mais toute tentative de rendre compte rationnellement de ce qu’une revendications visionnaire de «voir» est en dehors du domaine de la recherche historique.

Alors que les écrits de Paul sont les premiers que nous ayons de la dernière Cène, nous devons être très prudents dans la lecture des évangiles de Marc, Matthieu et Luc, qui enregistrent des choses similaires, mais qui ont été écrites des décennies plus tard. En d’autres termes, nous ne pouvons pas commencer par Marc, notre première évangile, et supposer que Jésus a réellement dit ces mots à la dernière Cène, et puis aller à Paul, qui vient après Jésus, comme s’il était juste l’écho des dires principaux. Les choses sont précisément l’inverse. Nous avons toutes les raisons de croire que Marc a obtenu la tradition des paroles de Jésus de Paul ! Matthieu et Luc, qui ont ensuite utiliser Marc en tant que source, ne font aussi, indirectement, que répéter ce que Paul avait dit des décennies plus tôt.1

Une façon d’aiguiser ceci est de poser deux questions qui nous ramènent à Jésus au-delà de Paul. Est-il historiquement probable que Jésus a tenu une Cène avec ses disciples la nuit avant sa mort? Est-il historiquement probable que Jésus a prononcé ces mots sur le pain étant son corps et la coupe de vin son sang?

Pour la première question, nous avons deux sources anciennes indépendantes : Marc (qui est repris par Matthieu et Luc) et l’évangile de Jean. Ils déclarent tous deux que Jésus mangeait un tel repas et il est raisonnable de supposer que tel est le cas. Pour la deuxième question Paul est notre seule source de rapports que Jésus ait parlé du pain comme son Corps et du vin comme son sang – car Marc, Matthieu et Luc tirent leurs rapports à partir du sien. Jean rapporte un repas intime de Jésus avec ses disciples, mais ne dit jamais rien à propos des mots sur le pain et le vin. Il est difficile d’imaginer Jean, qui était au courant des autres évangiles, délaissant une telle tradition importante de son évangile, sauf par intention. Son silence est essentiellement son «non» au référendum sur la fiabilité historique de notre seule source – Paul.
Mais il y a une autre raison de douter de la validité historique des écrits de Paul. Un rapport tout à fait différent des mots prononcés lors d’une célébration d’Eucharistie chrétienne sur le pain et le vin nous vient du texte paléochrétien que nous appelons la Didaché qui est complètement différent du texte que Paul nous livre comme paroles de Jésus.

Vous donnerez grâce comme suit : d’abord, par rapport à la coupe: « Nous te rendons grâce, notre Père, pour la sainte vigne de David, votre enfant, que vous nous avez fait connaître par Jésus, votre enfant. Pour vous la gloire pour toujours ». Et en ce qui concerne les fragments de pain : « Nous te rendons grâce, notre Père, pour la vie et la connaissance que vous nous avez fait connaître par Jésus, votre enfant. À vous la gloire à jamais » (Didachè 9: 2-3) .2

Ce précieux texte, découvert par hasard dans la bibliothèque de Constantinople en 1873, nous fournit des preuves claires que les premières communautés chrétiennes ont été rassemblées pour un repas de Thanksgiving communément appelé l’Eucharistie, bénissant le pain et le vin, mais sans aucun lien avec les mots de Paul qu’il a associé à la Cène du Seigneur qui est devenu la norme au sein du christianisme. Il est également intéressant de noter que Jésus et David sont assimilés à cette prière comme «votre enfant», montrant la compréhension pleinement humaine de Jésus comme un descendant de la lignée de David, et donc héritier de sa dynastie royale. La Didachè dans son ensemble, ne montre aucune influence des enseignements ou des traditions de Paul. Il correspond bien à l’image plus large que nous avons vu sur la base de la source Q, la lettre de Jacques, et les textes épars que nous pouvons identifier des sources judéo-chrétiennes ultérieures.

Eat My Body, Drink My Blood–Did Jesus Ever Really Say This?

Ce que Jésus a dit à son dernier repas avec ses disciples, nous n’avons aucun moyen de le savoir, mais il existe des preuves qu’il voyait ce repas comme un «banquet messianique» en prévision de leur communion dans le futur royaume de Dieu. Il dit aux Douze :
« Vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves: et je vous attribue, comme mon Père m’a attribué, un royaume, vous pouvez manger et boire à ma table dans mon royaume, et assis sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël »(Luc 22:28).

Cette parole de Jésus est issue de la source Q (notre première collection des paroles de Jésus), pas de Paul, mais Luc, qui la connecte à la dernière Cène. La version de Luc dans Q est généralement considérée comme plus précise dans la préservation de la structure de Q.

Luc repose ses écrits sur ceux de Marc à propos de la Cène, y compris la tradition paulinienne des paroles de l’institution au sujet de manger le corps et boire le sang de Jésus. Mais, étonnamment, Luc connaît une autre source de remplacement sans un tel langage ! Il finit par placer les deux dans son récit, juxtaposés les uns après les autres :

[Tradition A: Source Alternative] Et il leur dit : « Je l’ai ardemment désiré de manger cette Pâque avec vous avant de souffrir. Car je vous dis que je n’en mangerai pas jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. Et il a pris une tasse, et quand il eut rendu grâce, il dit : «Prenez et partagez entre vous. Car je vous dis que désormais je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu vienne « (Luc 22: 15-18).
[Tradition B: Source Marc ] Et il prit du pain, et, après avoir rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant: « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi »
Luc 22:20 Et de même la coupe, après qu’ils eurent mangé, en disant : « Cette coupe qui est versé pour vous est la nouvelle alliance en mon sang » (Luc 22: 19-20)

Quand on lit les deux traditions comme une unité, il n’a guère de sens, parce que Jésus finit par prendre la tasse deux fois, mais en disant des choses totalement différentes. Lorsque les deux traditions sont séparées chacune forme une unité distincte.

Cela devient d’autant plus important que la Tradition A de Luc correspond à ce que nous pourrions attendre que Jésus ait dit dans un contexte messianique juive.
Curieusement, Marc apparaît préserver un peu de cette tradition juive plus primitive, puisque Jésus conclut le repas en disant: « En vérité, je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai de nouveau dans le royaume de Dieu »(Marc 14:25). Matthieu inclus ce verset aussi, copiant à partir de Marc (Matthieu 26:29). Ce qui est étrange c’est que cela ne cadre pas bien avec les mots de Paul « ceci est mon corps » et « ceci est mon sang » tradition que Marc met au centre de sa dernière scène de la Cène. Jésus n’anticipe évidemment pas un jour de boire son sang avec les disciples dans le royaume. Évidemment Marc savait quelque chose des deux traditions, mais tait l’une en exacerbant l’autre. Il était peut-être gêné par l’idée de deux scènes différentes de Jésus bénissant la coupe, mais avec des mots différents d’interprétation, donc il laisse tomber la première. Luc laisse les deux, juxtaposées, même si elles pourraient être considérées comme contradictoires. Cette convolution de Luc était suffisamment gênante pour certains scribes que le texte traditionnel occidental (sur la base du 5ème siècle après JC Bezae Codex) supprime entièrement la deuxième scène de la tasse (versets 19b-20); laissant une combinaison contradictoire de la Tradition A et B qui a peu de sens. 3

La Tradition A de Luc, soutenue par la conclusion de Marc sur les paroles de Jésus à la fin du repas, est probablement aussi proche que nous puissions arriver à ce que Jésus aurait pu dire le dernier soir de sa vie. Ce qu’il attend est un repas de retrouvailles dans le royaume de Dieu.
Cette idée, souvent désignée comme le « Banquet messianique » est clairement décrit dans Les manuscrits de la mer Morte. Quand le Messie viendra tous ses élus s’assieront à une table commune avec lui, dans le Royaume, avec des bénédictions du pain et du vin :

Quand Dieu fait naître le Messie, il doit venir avec eux à la tête de toute l’assemblée d’Israël avec tous ses frères, les fils d’Aaron, le prêtre. . .et les chefs des clans d’Israël seront assis devant lui. . . Et quand ils se rassembleront pour la table commune, à manger et à boire du vin nouveau. . . ne laissez aucun homme n’étendre sa main sur les prémices du pain et du vin avant le prêtre; car il bénira les prémices du pain et du vin. . .Ensuite, le Messie d’Israël étendra sa main sur le pain et toute l’assemblée de la Communauté doit prononcer une bénédiction. 4

Une chose semble claire. L’idée de manger le corps et le sang du fils de dieu, même d’une manière symbolique, ne correspond à rien que nous savons de Jésus ou de la culture juive dont il est issu.

Le terme technique théophagie se réfère à « manger le corps de ceux de dieu », soit littéralement ou symboliquement, et divers chercheurs ont noté des exemples de l’idée dans les traditions religieuses grecques dans lequel la divinité a été symboliquement consumée.5 Bien que certains chercheurs ont essayé de localiser la version de Paul de l’Eucharistie dans la tradition plus large des «banquets sacrés » communs dans la société gréco-romaine, son langage spécifique sur la participation à l’efficacité spirituelle du sacrifice du corps et du sang de Jésus en mangeant le pain et buvant le vin semble nous emmener entièrement dans une autre arène. 6 Les parallèles les plus proches que nous ayons de ce genre d’idées sont trouvées dans les matériaux magiques grecs formés cette période. Par exemple, dans l’un des papyrus magiques, nous lisons d’un sort dans lequel on boit un verre de vin a été rituellement consacré pour représenter le sang du dieu Osiris, afin de participer à la puissance spirituelle de l’amour qu’il avait pour son épouse Isis.7

Jésus a vécu comme un Juif pratiquant, en suivant la Torah ou les lois de Moïse et enseignant aux autres à faire de même. Les juifs avaient l’interdiction stricte de consommer le sang ou même de manger de la viande qui n’avait pas eu le sang adéquatement drainé et enlevé (Lév 7: 26-27.). Les disciples juifs de Jésus, dirigés par le frère de Jésus- Jacques, étaient très strictes sur ce point, en insistant qu’il s’appliquait aux non-juifs autant qu’aux Juifs, sur la base de l’interdiction de Noé et tous ses descendants après le Déluge. Ils interdisaient aux disciples non-juifs de Jésus de manger de la viande qui avait été tué en l’étranglant, ou de consommer du sang (Actes 15: 19-20). Paul était de l’aveu général laxiste sur ces restrictions et dit à ses disciples qu’ils peuvent manger tout type de viande vendue sur le marché, sans doute même les animaux tués par strangulation, tant que personne n’était présent pour le remarquer et objecter sur la base des enseignements bibliques (1 Corinthiens 10: 25-29).

Compte tenu de ce contexte, je pense que nous pouvons conclure qu’il est inconcevable que Jésus aurait amené ses partisans à boire une coupe de vin, même symboliquement, comme une représentation de son sang, ou de rompre le pain pour représenter son corps, sacrifié pour leurs âmes.8 »

1. The idea of two distinct forms of the Eucharist, one from Paul and the other from the Jerusalem church, was effectively argued by Hans Lietzmann in 1926. Needless to say it stirred up a whirlwind of controversy though overall I find it quite convincing. For an updated discussion see R. H. Fuller, “The Double Origin of the Eucharist,” Biblical Research 8 (1963): 60-72. 
2. Translation from Ehrman, The Apostolic Fathers, vol. 1, p. 431. 
3. See Bruce Metzger, The Text of the New Testament, 3rd edition (Oxford: Oxford University Press, 1992), pp. 156-185, for a discussion of various New Testament manuscript traditions. The Western Text (Codex Bezae, designated D) has a number of significant omissions, particularly in Luke, that some scholars have argued are more authentic but the example of Luke 19b-20 seems to be a clear attempt by the textual editors to remove the difficulty of the two cups. It is more likely that Luke’s original text had both than that a later manuscript tradition would have added the second cup. Additions and omissions are almost always in the service of harmonization, when the scribes see difficulties they wish to help resolve with the text they are copying. 
4. See The Messianic Rule 2. 10-20 (1QSa), in Vermes, The Dead Sea Scrolls, pp. 159-160. 
5. See Preserved Smith, A Short History of Christian Theophagy (Chicago: Open Court Publishing Co., 1922). Parallels have been suggested with Attis the Phrygian god, Mithras, and particularly Dionysus, where an animal was torn apart and eaten raw. 
6. Dennis Edwin Smith, From Symposium to Eucharist: The Banquet in the Early Christian World (Minneapolis: Augsburg Fortress Press, 2003).  
7. See the discussion and references in Morton Smith, Clement of Alexandria and a Secret Gospel of Mark (Cambridge: Harvard University Press, 1973), pp. 217-219. 
8.  Bruce Chilton has suggested that Jesus did indeed refer to “body” and “blood”; not to his own, but to that of the Passover sacrifice that he was rejecting as part of a corrupt Temple system: “This is my body”—the bread; “This is my blood”—the wine, so no need for the literal flesh and blood sacrifice of a lamb. As attractive as I find this alternative in the end it seems to me unlikely since the juxtaposition of the terms bread/body and wine/blood come from Paul and have no independent source. See Bruce Chilton and Craig A. Evans, Jesus in Context: Temple, Purity, and Restoration (Leiden: E. J. Brill, 1997), pp. 59-89. 

Différentes Questions/Réponses sur l’alimentation, le métabolisme, la candidose

Il est clair que dans la jungle des sujets sur l’alimentation on peut aisément y perdre son latin. Voilà 5 ans que je travaille sur le sujet et je n’ai pas fini d’en faire le tour. Bien que le sujet soit extrêmement complexe car de nombreuses choses sont à prendre en compte, car elles interagissent les unes avec les autres, j’essaie de vous aider autant que possible dans votre démarche personnelle vers le mieux-être.
Voici donc un question réponse proposé par Armand.

Avant tout, je tiens à repréciser mon point de vue qui n’a pas changé depuis le début de mes découvertes, je ne pense pas qu’il y ait une alimentation valable pour tous et à chaque instant de notre vie. Ce que je propose sur mon site jusqu’à maintenant est bien une façon progressive d’avancer, avec élimination pas à pas et réintroduction. Donc, il y a bien différentes phases chez des personnes différentes d’où la grande difficulté. Cette façon d’agir est sensée faire un vide des toxines et métaux graduellement, pour éviter les surcharges pour les émonctoires et la réintroduction doit vous permettre de pointer les aliments qui ne vous conviennent pas.

Apprendre à se connaître afin de pouvoir choisir en pleine conscience.

1 – Gwenola Le Dref hier en réponse à un sujet posté, tu as évoqué le terme Die-Off et me suis donc empressé d’aller voir ce que c’était ce fameux « Candida Die-Off », mais pourrais-tu nous en dire un peu plus stp ?
Cela me parait très important en effet car je l’avoue jusqu’à hier je n’avais jamais entendu ce terme et je pense que je ne dois pas être le seul.

Si tu n’as pas entendu parler du terme de « die-off » c’est sans doute parce que c’est un terme anglais mais tu as peut-être entendu parler de la réaction d’herxheimer, c’est à dire la production d’entotoxines à la mort de micro-organismes. Phénomène connu de la médecine. Les crises de guérison sont liées en partie à ce phénomène. Le candida comme tout autre micro-organismes libèrent plus de toxines en mourant qu’à l’habitude, comme c’est le cas pour tout être vivant, comme nous d’ailleurs. L’important est d’avoir conscience qu’avant d’espérer voir du mieux au niveau santé, alors que l’on change d’alimentation il faut évidemment compter sur ces crises, cette adaptation qui peut être plus ou moins douloureuse et plus ou moins longue. Il peut y avoir une première période difficile puis une accalmie et possiblement de nouvelles phases. Une réelle détox des métaux lourds ne se fait pas en quinze jours et rétablir une dysbiose, un SIBO, un intestin irritable, un colon irritable,une candidose etc… demande des mois. Mais il ne faut pas tout mettre sur le compte de cette réaction, si après quelques semaines on ne commence pas à aller mieux c’est fort probable que ce que vous faîtes ne convient pas. Ne soyons pas trop borné non plus même s’il faut une bonne dose de ténacité.

2 – Je pense (mais j’attends avant d’affirmer par mon expérience à venir), que la peau est une carte représentatif de nos organes et que certains endroits sur notre corps reflètent nos intestins qui se font entendre (se manifestent, s’extériorisent ) par des signes de démangeaisons, picotements (comme si on vous piquait avec une aiguille et pourtant on ne voit rien) exemple les cuisses, plat du pied, les bras (biceps) , etc… qu’en penses-tu ?
(attention je ne parle pas uniquement de champignon qui se déclareraient à ces endroits là, non non je parle de manifestations invisibles un peu comme un truc nerveux.

Je peux dire que j’ai fait les mêmes constatations et même au-delà mais je n’ai aucune donnée scientifique sur ce sujet. On parle de réflexologie plantaire et je pense que nos intestins sont une carte de notre corps. Certains aliments viennent alors stimuler plus une certaine zone du système digestif ou faire grossir une population de microbes et le même symptôme va réapparaître. Je ne parle ici que par expériences personnelles, oui je fais des expériences et je suis mon seul cobaye. C’est là qu’on voit la complexité du sujet et que l’on ne peut s’arrêter à des conseils valables pour tous. Il y a des grandes lignes mais ensuite on est bien seul avec soi-même. En supprimant petit à petit les différents aliments qui peuvent poser problème, et en restant quelques jours sur une diète cétogène verte avant de faire des réintroductions on va avoir des données inestimables sur son propre fonctionnement et c’est bien là le plus important, se connaître soi-même. Il faut expérimenter et écouter son corps plutôt que son mental. Et faire fuir les peurs de manquer, les peurs des carences qui elles nous empêchent d’avancer. On connaît l’expression « La peur au ventre » alors ne laissons pas les parasites nous empêcher de prendre les bonnes décisions.

3 – Mis à part les risques d’allergies, les noix sont-ils à éviter ou alors peut-on en manger chaque jour pour son apport de bon gras mais aussi minéraux, protéines et si oui à quelle dose journalière, hebdomadaire et lesquelles privilégier et pourquoi ?

Alors déjà hormis la chlorophylle, je pense qu’il faut éviter autant que possible de manger un même aliment chaque jour et surtout pour tous les aliments que l’on retrouve dans les grands allergènes. Les noix font carton plein en ce qui concerne les mauvais points. D’abord, pas si bon gras qu’on le dit, elles sont surtout pleines d’omégas 6, pro-inflammatoires, hormis les noix de Grenoble qui sont riches en omégas 3 mais hélas aussi en aluminium (voir le fichier sur l’aluminium du Dr Pilette). Les fruits à coques contiennent aussi beaucoup d’amines, de salicylates, bourrées de champignons (surtout ne manger que celles encore dans les coques) Cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus jamais en manger mais dans une première phase alors que le ratio omégas3/6 est forcément perturbé par l’alimentation « conventionnelle » que l’on a eu, il vaut mieux s’en tenir à des gras riches en omégas 3, l’huile de colza, les graines de lin trempées (à tester sur soi)… ensuite il faut faire attention au ratio, mais de toute façon on atteint rapidement les quantités souhaitables pour le corps. Ensuite, combien de noix seraient nécessaires pour couvrir les besoins en sélénium par exemple, sans doute très très peu, peut-être 3 seulement et dans ce cas la donne n’est pas la même.
L’huile d’olive est riche en acides gras mono-insaturés et assez pauvres dans ces deux autres polyinsaturés (3 et 6). Bien-sûr les poissons sont riches en omégas 3, mais vu l’intoxication au mercure, je ne vois pas comment on peut encore les conseiller, en tout cas chez les malades d’intoxication. Le methyl mercure, la forme de mercure contenue dans les poissons et fruits de mer comme les algues étant la plus insidieuse et dangereuse.
Il faut savoir que les feuillus verts et notamment vert foncé contiennent toute une palette de bons nutriments et notamment ce fameux oméga 3 et sans aucune contre-indication( sauf les pesticides si industriels), il serait dommage de s’en priver.

4 – Que penser des compléments alimentaires, exemple les vitamines B, B 12, C, D etc.. les mineraux (potassium, zinc, fer etc..) ou aussi spiruline, chlorella et autres herbes vertes magiques ?

Je ne pense pas que la solution soit dans les compléments et ne crois pas aux remèdes magiques, en tout cas tant que la dysbiose et les pathogènes font rage, car ils se serviront de ces compléments pour proliférer.
Les algues spiruline et chlorella sont souvent déjà chargées en métaux avant même de les avaler, elles sont des éponges à métaux comme les champignons. Leur teneur en fer est souvent ce pourquoi elles sont consommées mais le fer sert aussi pathogènes. Pour les autres compléments, je dirais qu’il faut déjà empêcher que les parasites mangent à notre place et que ce que l’on avale ne puisse leur servir et là les légumes verts, encore une fois font bien l’affaire. Ensuite, quand c’est nous qui mangeons, les carences disparaissent, c’est ce qui m’est arrivé.

Concernant la B12, pour les végétaliens il est conseillé de se supplémenter alors que dans les faits il semble que la B12 plasmatique ne soit pas révélatrice et qu’il vaut mieux tester l’homocystéine et l’acide malonique. La carence en B12 survient de plus en plus et ce chez les omnivores, un problème de facteur intrinsèque qui dysfonctionne à cause d’un manque d’acidité gastrique visiblement. Là-dessus je ne conseillerais rien du tout, j’ai pris la décision de ne pas me supplémenter mais cette décision appartient à chacun.

5 – Alors vinaigre de cidre bon ou pas bon pour le candida albicans ? Why ?

Tout ce qui est fermenté est à bannir dans le cas de la candidose. Le vinaigre de cidre serait sensé rétablir l’acidité gastrique mais hélas il fera monter l’histamine, mieux vaudrait alors prendre de la bétaïne Hcl accompagnée de pepsine et d’enzymes pour faciliter la digestion. D’ailleurs côté complément, il vaudrait mieux prendre des compléments qui aident à rétablir une digestion normale plutôt que des minéraux ou vitamines.

6 – Les graines de Courge, de Tournesol et surtout de Chanvre,idéal et recommandé pour la santé ? Si oui quelle dosage ?

Comme d’habitude tout dépend de chacun, certains ne supportent ni les unes ni les autres, on ne peut donc pas dire c’est idéal pour la santé pour tout le monde. Alors dans le cadre d’une rotation, et après avoir vérifié sur soi. Si un aliment te donne envie d’en manger toujours plus tu peux être certain que c’est qu’il active certaines cellules immunitaires qui libèrent aussi de la dopamine et on cherche justement à réduire cette réaction qui libère bien d’autres molécules délétères. La sur-stimulation du système immunitaire est le problème de base finalement. L’inflammation est reconnue étant au centre de quasiment toutes les maladies qui font rage.

7 – Que pensez-vous et qui a utilisé ou utilise le Charbon Actif pour aider à se désintoxiquer des nombreux poisons que nous avons avalés depuis notre plus tendre enfance ? Une petite cure ou une longue cure ?

Une petite cure ponctuelle, pourquoi pas, surtout en cas de dépose d’amalgames ou autre intoxication aiguë mais seulement en s’assurant que le transit ne va pas s’en trouver bloqué, ce qui serait contre-productif. Pour éviter la constipation qui s’en suit, il est conseillé de prendre du sorbitol en même temps, qui est un sucre. Sur du plus long terme, je préfère laisser les fibres faire leur travail, d’autant qu’elles ont bien d’autres utilités comme de permettre de nourrir les bactéries « amies » les colonocytes, et vertes (mais pas hautement fermentescibles) elles empêchent une prolifération des cellules malades, elles permettent aussi aux nutriments d’être absorbés dans la dernière partie du colon et aussi l’homéostasie hydrique et des électrolytes.

8 – Pour combattre le candida albicans faut-il pratiquer un régime cétogène strict ou certains glucides dont ceux des légumes, noix sont tolérées en quantité ?

La diète cétogène stricte a montrée depuis longtemps ses capacités à soigner certaines maladies neurodégénératives comme l’épilepsie, mais elle doit se faire sous suivi et prise de compléments car les risques de carences sont plutôt certains et d’autres problèmes comme la constipation, ce qui me semble contre-productif.

Les gras introduits dans cette diète cétogène sont bien souvent pointé du doigt dans différentes maladies. Mais bon, elle est d’après les résultats un traitement efficace . Je lui préfère comme tu le sais, ce que j’appelle une diète cétogène verte qui ne demande pas de prendre des compléments car elle va fournir tout ce dont on a besoin. D’ailleurs je la dis cétogène mais se situant un peu entre deux il lui faudrait un autre nom. Il n’est pas question de supprimer tous les glucides.

Ici encore, il faut penser à pratiquer la rotation, cela évite d’engendrer la survenue de nouvelles intolérances. Les besoins en glucides vont dépendre de chacun et de son activité physique, le but est de rester faible en glucides, de ne pas dépasser ses besoins, mais pas sans totalement et surtout de prendre soin de ne pas faire grimper le taux de sucre dans le sang. Un équilibre difficile à trouver, une véritable marche sur un fil de funambule, le tout étant d’essayer de ne pas tomber d’un bord ou de l’autre trop souvent. On peut pencher mais l’idéal serait de ne pas chuter.

L’hyperglycémie est ce que l’on cherche surtout à éviter, choisir les aliments à faible index glycémique me semble primordial. Certains parlent de 30g d’autres de 60g, et d’autres plutôt 100g ou jusqu’à 150g. Là encore la progression est importante, si on passe de plein de glucides à 50g d’un coup on va s’affaiblir inutilement et le système immunitaire combattra moins bien le candida par exemple. Il a été montré qu’en présence de corps cétoniques les neutrophiles combattent moins bien le candida, mais la chlorophylle permet de remonter le système immunitaire et les fibres qui atteindront le colon, elles, nourrissent les bactéries amies acidophiles qui vont combattre le candida et créer un milieu qui ne lui convient pas ou moins. Alors peut-on évaluer que cela permet de pallier au problème? C’est ce que je crois suite à mon expérience.

Perso, j’ai été la première année plutôt très bas en glucides, mais j’ai réduit progressivement et je ne les ai jamais supprimé totalement sauf dans les jeûnes qui m’ont déstabilisée, j’en reparlerai plus bas en répondant à une autre question.

Les légumes verts contiennent des glucides de toute façon et en ajoutant quelques légumes à faible index glycémique, on apporte le glucose nécessaire. Les corps cétoniques ont montrés leur capacité à réparer les cellules nerveuses et les bienfaits sont durables même lorsque l’on arrête cette diète. Au moins dans un premier temps, si on supprime totalement les glucides cela entraîne une sur-production de glutamate, excitateur de neurones bien connu. Faire les choses progressivement me semble une bonne façon d’éviter des effets trop douloureux voire dangereux et adapter l’apport de glucides à son activité du moment.

Si l’on regarde du côté de l’intoxication à l’aluminium, celui-ci perturbe le fonctionnement métabolique des mitochondries, cellules productrices d’énergie et moins de glucose est fourni à la cellule, cela peut-être une autre raison pour préférer des corps cétoniques, mais sans doute une question de dose, de balance ici encore.

De plus, comme toujours toutes les mises en cétose ne se valent sans doute pas. Il y a une différence entre la diète cétogène habituelle avec beaucoup de graisses animales, les corps cétoniques de l’huile de coco qui de par leur possible assimilation immédiate me laissent penser qu’ils seront aussi immédiatement assimilés par la prolifération bactérienne en haut du tractus et les corps cétoniques formés par les bactéries amies dans le colon.

9 – Puisqu’il s’avère aujourd’hui que les fruits et/ou jus de fruits (absence de fibres) en grande quantité ne sont pas recommandés, quels fruits peuvent occasionnellement être consommés comme récompense, pourquoi et en quelle quantité journalière, hebdomadaire ?

Le problème dans le syndrome métabolique et tout ce qui l’entoure dépasse celui de l’apport en glucides, lipides, protéines, il touche à des sujets bien plus complexes comme l’homéostasie des minéraux, l’activation des cellules immunitaires, la sur-production des neurotransmetteurs, et les phénomènes de résistance à l’insuline mais pas seulement, à la sérotonine ou la dopamine, les dysfonctionnements hormonaux…etc

Tout est interdépendant d’où l’immense complexité et on ne peut séparer le corps et ses fonctions sans s’égarer. Parfois, ce n’est pas seulement une question de quantité, parfois oui. Les intolérants au gluten savent que c’est zéro gluten qui leur convient et cela peut être la même chose pour d’autres aliments. Je vais exagérer le trait histoire de montrer mon point de vue.

Tu parles de récompense et là est notre grand problème, nous sommes toujours dans la dépendance et ça commence dans nos assiettes justement. Le circuit de récompense ne fonctionne pas qu’avec les drogues connues, le gluten, la caséine en sont un bon exemple. Mais en fait les amines ont toutes ce pouvoir d’action. Si quelqu’un arrête de boire ou de fumer du cannabis ou autre, il est reconnu qu’il aura tendance à s’accrocher à une autre drogue. On ne va pas pour autant lui conseiller de boire pour arrêter de fumer, ou vice versa même si certaines drogues permettent plus facilement de garder une certaine intégration sociale. Bien-sûr, et je l’ai annoncé, j’exagère, comment parler de cela avec les fruits, cela est vrai pour tous les aliments en fait et surtout avec les aliments auxquels nous sommes intolérants et même au-delà de leur teneur en sucre (déjà addictif) ou de leur index glycémique.

Certaines cellules immunitaires en étant stimulées ne libèrent pas seulement des médiateurs chimiques de l’immunité mais aussi de la dopamine, de la sérotonine qui vont agir comme les drogues reconnues sur le système de la récompense. Alors que dire véritablement, choisir des fruits pas trop sucrés c’est une chose mais ce n’est pas suffisant. Il me faut ici reparler du pouvoir fermentescible de certains aliments et donc des fameux FODMAP,
F = Fermentescibles (rapidement fermentés par les bactéries du côlon)
O = Oligosaccharides (fructanes et galacto-oligosaccharides ou GOS)D = Disaccharides (lactose)
M = Monosaccharides (fructose en excès du glucose)
A = And(et)
P = Polyols (sorbitol, mannitol, xylitol et maltitol)

Je vous laisse faire une recherche mais cette diète montre les bienfaits sur le syndrome de l’intestin irritable dans 75 % des cas.

Au-delà des FODMAP, d’autres problèmes interviennent, il vaudrait mieux choisir les fruits et légumes qui contiennent peu d’amines (la banane en contient beaucoup et pourtant pauvre en fodmap) mais aussi peu de salicylates qui feront grimper le taux d’histamine et peu de phénols.

L’acide citrique vient perturber le cycle du phosphate et fera grimper le taux et ceci est problématique pour bon nombre et notamment chez les enfants hyperactifs. J’ai lu que si l’enfant à un ph salivaire à jeûn à 8 ou 9 le problème serait alors avéré. Un antidote serait de prendre du vinaigre de vin (surtout pas de cidre) additionné d’eau et d’un peu de miel. Le cycle des phosphates entre dans différentes fonctions du corps.

Concernant les amines et salicylates tu trouveras un tableau ici.

Sachant tout cela, je pense qu’il faut être très prudent avec les fruits le temps de récupérer suffisamment la santé et surtout pas sous forme de jus puisque sous cette forme on augmente les problèmes dont on vient de parler et pas non plus les fruits séchés pour la même raison.

Évidemment, concernant l’histamine, les amines en général, les salicylates ou autres c’est une question de quantité que toi tu peux supporter dans l’état d’aujourd’hui. Ce que je peux aujourd’hui manger sans obtenir les effets délétères est bien différent d’il y a 4 ans mais je ne doute pas que l’effet soit là mais invisible. Car ce n’est pas parce que quelque chose est absent à notre vue ou notre ressenti qu’il n’existe pas.

Nous avons dans nos cultures une drôle de façon de voir la récompense, la fête… ce n’est pas nécessaire que je détaille je pense.
Peut-être que trouver une façon plus adéquate de se récompenser serait souhaitable. Cela pourrait être se payer un bon massage, un sauna, un petit week end en bord de mer ou que sais-je. Une récompense qui nous aiderait vraiment à continuer d’avancer dans le sens de notre liberté. C’est donc toute une éducation, une culture à réinventer, j’y travaille pour moi-même, les habitudes nous font la vie dure.

10 – La question la plus importante pour moi.
Le jeûne est-il contre-indiqué en ce qui concerne le candida albicans et pourquoi car j’ai toujours pensé que le priver totalement serait bon ou au contraire faut-il l’affamer par une diète verte ou cétogène ? J’ai toujours lu dans les nombreux ouvrages que le jeûne rétablit les désordres, guérit les maladies, alors pourquoi pas ne pourrait-il pas aider à se débarrasser des candida ? Le candida meurent au bout de combien de jours ?

Le jeûne a des capacités étonnantes et cela n’est pas nouveau puisqu’il était pratiqué il y a bien longtemps. Le candida et d’autres pathogènes ont hélas eux aussi des capacités étonnantes d’adaptation. Les bactéries amies n’auront pas les pouvoirs de survie qu’ont les dysmorphiques tels que le candida. Capable de changer d’une forme levure à hyphale ou pseudo-hyphale, blanche ou opaque, spore et l’état de virulence n’est pas, contrairement à ce que l’on entend uniquement la forme hyphale c’est à dire champignon. Elles sont aussi capables de respirer ou de fermenter.

Heureusement le microbe n’est rien, le terrain est tout parce qu’en vérité les levures peuvent rester en dormance pendant des milliers d’années et on l’a vu dans les pyramides par exemple. Les dernières recherches montrent que les différentes formes sont pathogènes notamment la forme chlamydospore. Alors lorsque le candida est dans un milieu nutritif défaillant il jette des spores partout et elles sont toutes aussi invasives que la forme mycélium et celles-ci vont attendre un moment plus propice pour se développer. En gros ce n’est plus un site envahi mais plusieurs.

Franchement, je regrette l’équilibre que j’avais atteint en 2012 avant de faire des jeûnes longs ou la grève de la faim de 18 jours. À suivi le retrait des amalgames et donc une nouvelle déstabilisation. Bien-sûr je me maintiens loin des douleurs physiques ou psychiques mais je ne suis pas au top super forme que j’avais atteint en 2012. En retirant les amalgames j’ai aussi (comme l’explique le Dr Shade) autorisé mon corps à passer à la détoxication des différents tissus. Je crois que c’est le centre Hippocrate qui parle de 7 ans avant d’être désintoxiqué, le temps que toutes les cellules se renouvellent, encore faut-il que la voie de transport vers l’extérieur du corps soit vraiment fonctionnelle, donc difficile de dire. Dans tous les cas, en attendant, je fonctionne, tant physiquement que mentalement et je peux vivre et cela est MERVEILLEUX.

Un problème que l’on retrouve dans différentes maladies comme le cancer, les maladies auto-immunes, les maladies dégénératives est le dysfonctionnement de la fonction apoptotique des cellules, c’est à dire qu’une cellule malade va poursuivre sa progression au lieu de mourir. Le jeûne (les dernières recherches le montrent) a la capacité de raviver les fonctions de l’apoptose et on peut rapprocher ces résultats aux bienfaits apportés par les corps cétoniques.

Les légumes feuillus et la chlorophylle ont aussi ce pouvoir et afin d’éviter que le candida et autres pathogènes profitent de périodes trop restrictives pour proliférer encore plus, je pense qu’il est préférable d’en fournir toujours au corps, cela permet un apport en bons nutriment, évite l’acidose trop poussée, renforce le système immunitaire etc

Donc le jeûne hydrique ou même une restriction calorique trop poussée, oui pourquoi pas, mais pour ceux qui sont en bonne santé alors… et encore. Quand on sait que le candida prend de plus en plus de place, j’imagine que malgré tout garder une dose de vert serait sans doute plus profitable. Il est aussi connu que les périodes de famine ont donné de la place au candida, on voit bien le ventre gonflé de ses pauvres petits affamés. Les guerres ont aussi été de bonnes périodes pour le candida et autres pathogènes résistants. Les bactéries amies moins résistantes en mourant laisseront plus de place aux pathogènes.

11 – Que pensez-vous des lavements pour aider le colon à se débarrasser des mauvaises bactéries ?

Pourquoi pas dans les premiers temps, histoire de se débarrasser de vieilles selles, d’anciens déchets, mais pour moi cela devrait plutôt rester très ponctuel, et ne pas venir pallier en continu des problèmes de constipation, le mieux étant de retrouver une fonction digestive normale.

12 – Hormis l’eau quelles sont les boissons permises/pas trop maîtrisés/très bonnes pour le corps ?
(Café, thé déconseillés voir interdits) mais qu’en est il des tisanes que l’on trouve en petit sachets emballés en plastic?

Café, thé, boisson pétillantes (CO2), boissons sucrées ne rentrent pas dans le cadre d’une alimentation santé. Pour les tisanes, on peut reparler du problème du système immunitaire, on cherche à supprimer la sur-stimulation car c’est de là que vient l’inflammation.

On peut être intolérant à tout et rien, voilà encore une fois pourquoi on ne peut pas conseiller un remède valable pour tous. Les hypersensibles réagissent à presque tout.

Les herbes sont aussi très riches en salicylates.

Le café, tout comme la cigarette, le cannabis mais aussi le curcuma sont des inhibiteurs d’amine-oxydase et en cas de surcharge d’amines, d’histamine, dopamine, sérotonine etc si cette enzyme ne fait plus son travail d’élimination de ces molécules on va être surchargé.

Ce qu’il faut c’est ne pas dépasser les capacités d’élimination de notre corps et comme dans les premiers temps il déborde, mieux vaut s’en tenir à l’eau. On peut s’autoriser sans doute de la verveine, du rooïbos, du tilleul, etc mais pas à longueur de journée et se souvenir que l’eau sera sans doute le meilleur choix (pour commencer en tout cas).

13 – Je suis vegan dur et pur… je ne consomme pas de cosmétiques ni de cuir etc. (mais comme il ne faut jamais dire jamais, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…)
Nous sommes quand même les descendants de chasseurs cueilleurs…
Il n’y a que les oeufs provenant d’un élevage naturel (respectant la poule, enfin si on peut parler ainsi) qui pourrait me faire FAIRE une exception après presque 20 ans d’abstinence.
Donc l’oeuf pourrait-il m’apporter quelque chose que je ne puisse trouver ailleurs ou m’aider à être en meilleure santé, m’apporter un vrai plus ?

C’est une question intéressante, un sujet encore une fois compliqué et je te félicite d’oser remettre en question ton véganisme pur et dur. Tu le sais, ma démarche vers le mieux-être s’est faite sans protéines animales et même avec quasiment aucun aliment reconnu riche en protéines, pas de fruits à coques du tout, pas de céréales hormis très très peu de riz, très peu de sarrasin, quasiment pas de légumineuses en petites quantités et pas plus d’une fois par semaine, des crucifères pareil en vraiment toutes petites quantités et quasiment jamais, et plusieurs autres évictions et aussi étrange que cela puisse paraître les carences que j’avais ont disparues et mon auto-immunité fait elle aussi partie des souvenirs (revérifié il y a un an et pas de retour ni des carences ni ni des auto-anticorps). Ce que j’ai fait alors c’est réduire l’inflammation et donc le parasitisme, la candidose et ainsi j’assimilais complètement ce que j’avalais.
Mais rien de ces choix n’étaient en fait idéologiques, si pour récupérer la santé j’avais dû manger de la viande (de qualité cela va de soi et éthique si on peut dire) je l’aurais fait. J’aime les animaux et ne souhaite nullement leur faire du mal et pense que la production animalière est une catastrophe que l’on ne peut choisir de soutenir mais je dois sans doute avant tout honorer ma propre vie même si je ne pense pas qu’elle vaille mieux que celle d’une vache, d’une truite ou même d’une plante. Pour moi la conscience ne se cantonne pas dans les humains, ni même les animaux, je la ressens dans les plantes ou même dans les minéraux, les métaux, enfin une organisation ou tout cela est lié et il serait intéressant sans doute de s’intéresser à l’anthroposophie.

On entend beaucoup parler des chasseurs cueilleurs c’est vrai, et beaucoup se portent mieux en adoptant un régime paléo mais cela n’a finalement rien d’étonnant puisque se faisant on supprime des aliments comme les céréales, le lait et autres produits néfastes. Mais nous sommes en évolution constante et épigénétiquement les choses changent plus vite qu’on le pense.

Que pourraient apporter les animaux, les œufs que tu ne trouves pas ailleurs ? Mon cas personnel me fait penser rien du tout et en plus les œufs sont de très grands allergènes. Mais mes recherches m’ont menées sur ce besoin de protéines animales dont parlent les médecins toxicologues ou ceux qui s’intéressent aux malades psychiques et la nutrithérapie.

Selon certains, le besoin en produits animaux se situe surtout dans l’homéostasie zinc/cuivre. Le zinc se retrouve cofacteur d’un sacré nombre de fonctions corporelles notamment hormonales et enzymatiques et les végétaux en sont plutôt pauvres. Les fruits beaucoup trop riches en cuivre et aussi en sucre épuisent les réserves en zinc, alors que les métaux lourds font déjà des dégâts de ce côté. Certains végétaux et notamment les feuillus contiennent quand même de bonne quantité de zinc et autres nutriments essentiels donc comme je le dis souvent (à qui veut l’entendre) tout dépend du végétalisme ou omnivorisme pratiqué, il y a dans ces termes toutes une palette de différentes façons de s’alimenter.

Ensuite, il y a la cystéine qui est apparemment très importante, et qui participe à de nombreuses fonctions comme la méthylation et donc la formation d’ADN mais d’autres publications montrent que l’on peut vite en avoir trop et obtenir un effet inverse au niveau de la détoxication et ainsi faire rentrer plus de métaux dans le cerveau. La cystéine est importante dans le métabolisme des molécules qui servent à la détoxication des métaux lourds mais on retrouve souvent un dysfonctionnement à ce niveau. Trop de cystéine pourrait bloquer la bonne marche.

Dans le cadre du syndrome métabolique à l’origine de nombreuses maladies, les acides gras saturés présents dans les animaux montrent largement leurs méfaits, ils participent à l’inflammation et à la résistance à l’insuline tout comme les aliments à forts index glycémique mais d’autres publications les disent nécessaires.

Dans la diète cétogène il est dit que ces acides gras saturés soignent ou alors peut-être est-ce plutôt l’absence d’autres aliments comme les céréales, le sucre en général… les corps cétoniques qui ont fait leurs preuves dans le soin de maladies neurodégénératives peuvent être obtenus par fermentation dans le colon par des bactéries amies, ces acides que sont les corps cétoniques feront un milieu moins agréable au candida.

Peut-être que sur une courte période tu aurais besoin de protéines animales, au moins pour rééquilibrer la flore en nourrissant d’autres micro-organismes que ceux que tu as trop privilégier durant ton végétalisme/frugivorisme.

14 – Dans quels légumes peut-on trouver le plus et les meilleurs prebiotiques ?

Je te ramène vers la question sur les fruits et les FODMAP mais je souhaite faire plus de recherches sur les différentes fibres car il est clair que toutes ne se valent pas.
Si dans un premier temps, dans la phase d’attaque on va réduire les apports en différentes fibres pour diminuer la population microbienne, je pense qu’au moment où on va faire les réintroductions les fibres résistantes, l’amidon résistant seront de bons prébiotiques pour la flore amie dans le colon. Cet apport de fibres est reconnu par de nombreuses recherches comme bénéfiques. Donc, tout dépend toujours de sa situation personnelle, d’où on en est.

15 – Faut-il prendre en complément des pro biotiques ? Si oui lesquels prenez vous et si non, ben pourquoi?

Il se peut que cela puisse aider mais je dirais surtout pas dans un premier temps car d’une on est déjà plutôt en surpopulation et les pathogènes ne vont pas se laisser faire, mieux vaut d’abord réduire leur population. Par contre au moment de la réintroduction pour avoir plus de chance de créer une bonne nouvelle flore, j’imagine que c’est sans doute une bonne idée. Enfin, encore faut-il en trouver sans les aliments auxquels nous sommes intolérants et ça c’est pas gagné.

Personnellement, je ne peux me résoudre à cela et c’est possiblement une erreur, mais sachant les effets du microbiote sur le psychisme et même au-delà, et ayant eu déjà beaucoup de troubles de la pensée et de la personnalité sans parler de l’humeur, de la communication, des hallucinations et autres joyeusetés, maintenant que je me sens bien, que je ne souffre plus de tout cela je ne veux pas prendre le risque d’être à nouveau perturbée.

Dans le cadre d’une candidose mais il n’est jamais seul, j’ai souvent lu que le meilleur est une autre levure, la saccharomyces boulardii. J’avais eu quelques échanges avec le professeur Reichelt, lui avait demandé conseil pour ma fille et lui m’avait conseillé du probiozym (nom norvégien) qui contient Lactobacillus rhamnosus Lactobacillus crispatus Lactobacillus acidophilus Bifidobacterium bifidum.

Dans les faits, sans changements alimentaires, la prise de probiotiques paraît bien inutiles et chez de nombreuses personnes aggravent même leur digestion. Il semble qu’il ne faille pas nécessairement choisir ceux qui sont les plus riches en nombre total de bactéries, mais avoir différentes souches et aussi faire attention que ces bactéries soient conditionnées de manière à atteindre la zone que l’on souhaite sans mourir avant.

Beaucoup de si donc…. et il y en aurait beaucoup encore à dire

Bien à vous.
Merci d’exister, merci d’être là, merci d’être vous tout simplement, merci d’avoir pris conscience d’être….

Merci à toi aussi Armand, j’espère que ces quelques réponses pourront t’aider ainsi que d’autres dans vos choix.

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